Un an pour adopter le Québec

Et oui, déjà un an. Ça fait un an, un an que je suis montée dans l’avion direction le nouveau continent. Un an que je découvrais pour la première fois des températures que je pensais insurmontables.

C’est donc le 31 Janvier 2017 que j’ai pris l’avion direction Montréal (J’avais donc 18 ans depuis peu). Au moment de mon arrivée il faisait -22 ressentie -30 (C’était des températures vraiment basses, même pour les Québécois, Ce n’est vraiment pas tout le temps comme ça, Il ne faut pas s’inquiéter).

Bref, rentrons dans les sujets un peu plus croustillants. Est-ce qu’il fait froid tout le temps au Québec ? est-ce que tout le monde parle anglais ? comment sont les Québécois ? est- ce que leur accent n’est pas risible ?  Est-ce qu’ils boivent du caribou tout l’hiver pour se réchauffer ? est-ce qu’ils portent tous des chemises à carreaux rouge et noir ?  Est-ce qu’ils utilisent vraiment « tabernacle » pour insulter ? Tant de questions auxquelles je vais pouvoir répondre du haut de ma petite année de vie là-bas.

 

Bon, avant de commencer à répondre à toutes ces questions, qui sont en faite des clichés bien ancrés dans la tête des Français, on va commencer par un peu de démographie. Le Québec fait trois fois la grandeur de la France. Mais la France est 8 fois plus peuplée que le Québec. Donc oui, les Québécois sont peu nombreux sur un grand territoire. J’habite à Trois-Rivières qui est une ville moyenne entre Montréal et Québec. C’est une ville avec pas mal de jeunes puisqu’il y a une université. Mais je suis quand même allé plusieurs fois dans la capitale ou à Montréal. Donc ce que l’on va faire c’est déconstruire ou non ces fameux clichés qui nous font bien rire.

Tout d’abord, au Québec, oui il fait froid l’hiver. Mais déjà c’est seulement l’hiver, parce que l’été il faut très chaud, il n’est d’ailleurs pas rare de voir des canicules. L’hiver est juste un peu plus long et plus intense. Ensuite, c’est à l’inverse de la France, un hiver très sec et un été très humide. Donc l’hiver, oui c’est froid, oui parfois, on descend en dessous de – 20. Mais c’est tellement sec que du moment que vous avez votre manteau, votre tuque (bonnet) et vos mitaines (moufles) vous pouvez tranquillement profiter du soleil radieux au-dessus de vous car dans ces cas là, il n’y aucun nuage.

 

L’hiver français lui est désagréable, et tellement humide que même si les températures ne sont pas très basses, elles pénètrent à travers les couches de vêtements. Au contraire en été, la chaleur est étouffante tellement c’est humide, ça ressemble presque à une chaleur tropicale. Et un cliché de fait !

Ensuite, non tout le monde ne parle pas anglais. Est-ce qu’en France tout le monde parle anglais dans les campagnes ou hors des grandes villes touristiques, non! C’est la même chose là-bas. À la seule différence qu’à Montréal, qui est une ville très cosmopolite tout le monde peut parler anglais si besoin est. Dans le sens où les Québécois vont s’adapter au gens. Si bien que des anglophones peuvent habiter Montréal sans jamais parler Français après 20 ans sur place (true story).

Les québécois sont des gens foncièrement bons. Dans le sens où ils sont toujours souriants et sont toujours là pour t’aider si tu en as besoin, cela va leur faire plaisir. Mais après il est plus dur de devenir réellement amis avec eux. C’est quelque chose qui se travaille vraiment. On peut être très appréciés sans non plus être amie avec une personne. Ce qui peut être très perturbant au début quand on arrive seul. C’est aussi pourquoi, je pense, que les Français ont tendance à rester un peu ensemble.

Et oui vous allez me dire et leur accent…. Mais j’aime cet accent et leur façon de parler, la différence d’expression et d’utilisation des mots. Et oui, au bout d’un an sur place je commence à avoir pas mal l’accent et à parler de la même manière.

Pour ce qui est du Caribou (du vin chaud au sirop d’érable), non ils n’en consomment que pendant le festival d’hiver de Québec. Et encore, beaucoup ne savent pas ce que c’est quand on leur parle de la boisson

Les québécois ne sont pas tous des bûcherons qui se promènent en chien de traîneaux dans la forêt et sur les lacs gelés. Même si certains ont parfois un langage de bûcheron, cela reste vraiment très réduit, tout le monde a son « char », c’est-à-dire sa voiture. Et oui les chiens de traîneau c’est pour les touristes. Bon malgré ça, il y a beaucoup de chemises à carreaux rouge et noire.

Enfin, le fameux « tabernacle » vous l’attendiez. Oui c’est la plus grosse insulte que vous pouvez dire au Québec. Elle vient de l’église, le tabernacle. D’ailleurs  tous leurs sacres, jurons viennent de l’église. Comme Calice, Ostie, et d’autres encore. Pourquoi ? tout bonnement car à un moment donné, la religion était quelque chose de sacré, et que faire des jurons n’était pas bien vu. Ils ont donc pris des mots du répertoire religieux.  Pourquoi ? ça reste à comprendre, mais de ce que j’ai compris, ce serait pour se « moquer » de l’église très ancrée dans les familles. Mais sur cela je ne préfère pas me prononcer clairement. Quoi qu’il en soit, c’est toujours plus beau et plus correct que nos insultes françaises.

Voilà déjà une partie de faite, toutes les questions que l’on me pose à chaque fois que je rentre. Bon maintenant parlons plus d’expérience de vie. Parce que si vous avez des interrogations sur un voyages, un échange, des études, ou un emploi au Québec c’est toujours bien d’avoir un témoignage d’une personne qui y est allée.

Tout d’abord je conseille fortement dans le cas où vous partez faire vos études complètes au Québec, d’arriver en début d’année scolaire. C’est-à-dire fin Aout début septembre.  D’une part, vous aurez le temps de vivre les changements de saisons et des températures sans aucun choc thermique. D’autre part, c’est mieux car c’est à ce moment qui vous pouvez rencontrer un maximum de personnes.

Ensuite, dépendamment de pourquoi vous venez au Québec, faites attention à l’endroit où vous voulez rester. Je conseille les grandes villes plutôt car les transports en commun sont bien plus développés et il est bien plus facile de se déplacer sans voiture.  Le train est quasiment inexistant. C’est-à-dire que si vous voulez vous déplacer entre les villes, il vous fait soit une voiture (donc en louer ou en acheter une), prendre le bus (équivalent de ouibus, flixbus mais plus cher) ou « prendre » un covoiturage. Donc, oui, se déplacer à l’intérieur  du Québec quand on est seul, étudiant et qu’on a moins de 21 ans ce n’est pas super facile.

Enfin, je n’arrête pas d’en parler, de mes études mais il est enfin temps de vous expliquer comment tout cela fonctionne ici. Du haut de ma première année en communication sociale à l’UQTR je vais vous montrer comment ça marche. L’UQTR est l’université du Québec à Trois-Rivières. Elle fait partie du réseau des universités du Québec comme l’UQAM (Montréal), l’UQAR (Rimouski). Bien sûr il existe d’autre universités, comme ULAVAL, HEC Montréal, UdeM et d’autre mais celles-ci sont privées. À l’université au Québec, il n’y a que 15 heures de cours magistraux par semaine. Dans certain BAC (licence) , il peut y avoir en plus de cas des travaux dirigées. Alors oui, vous allez dire 15 heures de cours c’est vraiment rien comparé aux horaires en France. Oui mais, en général, les étudiants ont « une job » de 12 à 25 heures par semaine. Et bien souvent au bout d’une année complète, il est possible de travailler dans le domaine de vos études. Quoi qu’il en soit, l’UQTR est réputée pour avoir des classes assez réduites et une certaine proximité entre les étudiants et professeurs. Ce qui est vrai, nous sommes généralement 40 à 50 dans nos cours. Le concept de communauté universitaire est aussi très présent. En effet, on trouve dans l’université même, une garderie pour les étudiants parents (et oui il n’est pas rare du tout de voir des gens d’une trentaine d’années avec des enfants qui reprennent leurs études), bar- brasserie centre sportif complet (piscine, salle de sport terrain de tennis, volley et piste de course intérieur).  Aussi, le système associatif est très présent. Il y a l’Association Générale des Étudiants qui est là pour tous les étudiants au complet. Ensuite chaque programme à son association ce qui fait qu’un grand nombre d’associations étudiantes mettent en place beaucoup d’événement, etc…  Encore un conseil mais si vous voulez vraiment vous intégrer efficacement avec les Québécois, la meilleure chose à faire c’est de s’impliquer dans  les associations universitaires.

Pour conclure ce très, (certains dirons trop) long texte sur ma première année au Québec, je voudrais dire que c’est une expérience extraordinaire et extrêmement enrichissante à plusieurs points de vue. Même s’il y a vraiment des moments très durs où l’on se demande pourquoi on est venu, ou on veut tout arrêter et rentrer en France. Ca reste un défi personnel aussi et quand je retourne en France, je me surprends de plus en plus à ressentir un petit manque du Québec.

Comme quoi si le Québec t’adopte on finit par l’adopter complètement !

 

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4 réponses

  1. TARTARE JP dit :

    Magnifique synthèse Ludivine, efficace, de l’humour et de l’esprit aussi. Bravo, je suis heureux pour toi. Prends bien soin de toi, je t’embrasse.

  2. Eric Sinclar dit :

    Très bel article Ludivine.

    J’adore la photo de la pleine lune sur le lac !
    Je l’ai ajouté à la galerie des entêtes du site.
    Très bonne idée la photo des feuilles d’érable.

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